Les
trois croix
« Il a été compté parmi les transgresseurs
et Il a porté le péché de plusieurs et Il a intercédé
pour les transgresseurs » - écrit Esaïe à
propos du Messie (Ch 53, v 12). Lévangile lexprime
ainsi « Et deux autres aussi, qui étaient des malfaiteurs,
furent menés avec Lui pour être mis à mort »
(Luc 23/32). Les trois crucifiés représentent trois mondes.
Considérons
ce que cette écriture biblique nous enseigne :
Sur la première croix,
Un homme pendu au bois semblable à beaucoup de ceux qui
entouraient la croix blasphémait, provoquait Jésus,
lui donnait même des conseils et doutait de Lui : « Nes-tu
pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi »
(Luc 23/39).
Cet homme représente
ceux qui ne connaissent ni le Seigneur Jésus, ni eux-mêmes.
Il nous est bien compréhensible quil ne connaisse pas Jésus ;
pourtant, il est tout aussi aveugle relativement à lui-même.
Le leitmotiv du monde païen dalors était : « connais-toi
toi-même ! ». Pourtant, ni les livres grecs ni
les livres romains ne nous indiquent quune seule personne ait
réussi à se connaître elle-même. Cest
peine perdue de chercher à se regarder dans le miroir dune
salle obscure. Cest peine perdue, aussi longtemps quil ny
a pas de lumière.
Cest pourquoi,
Jésus-Christ dit : « Je suis la lumière
du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres »
(Jean 8/12).
Celui qui suit
le Seigneur-Jésus reçoit des yeux pour se regarder lui-même.
Mais le premier crucifié ne connaissait rien de son propre péché.
Beaucoup plutôt exigeait-il de Jésus quIl le laisse
sur le chemin où il avait marché jusqualors et duquel
le jugement de Pilate lavait arraché. Jésus ne devait
pas prendre en considération le fait quil était
un brigand. Il devait annuler le juste jugement de Pilate et laider
afin quil puisse retourner à son ancienne vie et continuer
comme auparavant
Cest un complet aveuglement spirituel.
Même la société humaine ne la pas toléré,
et pourtant, il requiert laide de Jésus pour pouvoir continuer
une vie corrompue.
Lhomme
quand bien même il nest pas un brigand est
enclin à demander à Dieu de laide quand il est dans
la difficulté. Il demande, il exige même son aide pour
accomplir ses propres plans, pour atteindre son propre but. Lhomme
se place ainsi comme centre de lunivers, et veut que tous
même Christ soutiennent ses plans et ses buts. Ainsi en
est-il de chacun qui ne peut se connaître lui-même dans
les ténèbres mais aussi de chacun qui ne veut pas se connaître
dans la présence de Jésus ! Cest une tragédie.
Si le corps est malade, lhomme court de médecin en médecin.
Mais quant à létat de son âme, quant à
sa maladie spirituelle, il ne veut rien savoir.
Un médecin
croyant qui avait beaucoup de patients, constata que lun dentre
eux était, tant relativement à son corps quà
son âme, en phase terminale, et il lui dit : « Je
ne peux plus vous aider avec aucune ordonnance, seul DIEU peut vous
guérir ! Si vous êtes daccord, je vais prier
maintenant pour vous
» La parenté mécontente
répliqua alors : « nous avons demandé
un médecin, pas un prêtre ! »
Le même
médecin avait un autre patient dans la même situation.
Lui non plus, il ne pouvait pas laider en tant que médecin,
et il conseilla de sagenouiller au bord du lit du malade et de
réclamer laide de Dieu. Jétais moi-même
présent à cette occasion, et jétais extrêmement
étonné. Je navais jamais rien vu ou entendu de semblable
jusqualors. Le malade gémissait à cause de crampes
violentes. Nous avons prié, puis le malade nous demanda de passer
dans la pièce dà côté, car il était
guéri ! Plus de 30 années ont passé depuis.
Cette maladie nest jamais revenue et lhomme eut encore des
enfants.
Deux cas identiques :
le comportement du premier patient illustre celui du premier brigand
à la croix, le deuxième, celui de lautre.
Lhomme
ne reconnaît pas sa misère intérieure aussi longtemps
que la lumière de Jésus-Christ ne brille pas dans sa vie.
De la même manière que les rayons X rendent visible le
moindre éclat dos, de la même manière la lumière
du Seigneur manifeste toute fracture, toute entorse ou tout autre défaut
de notre être intérieur.
Sur la deuxième
croix,
Le brigand pendu au bois entendait les paroles du premier et le reprenait :
« Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même
jugement ? Et pour nous nous y sommes justement car nous recevons
ce que méritent les choses que nous avons commises, mais Celui-ci
na rien fait qui ne se dût faire
» (Luc
23/40,41). Cet homme
se connaissait lui-même, admettait son état de péché,
reconnaissait la justice du jugement de Pilate, mais reconnaissait aussi
Jésus-Christ ! Il était clair pour lui que Jésus
navait rien fait de mal, et quIl souffrait sans être
nullement coupable. Il rendit de Lui, le même jugement que Pilate
« Je ne trouve aucun crime en cet Homme ». Mais
il discernait dans le Seigneur-Jésus, davantage que le gouverneur,
car il ne considérait pas seulement Sa vie terrestre, mais aussi
Ses relations célestes. Cest pourquoi, il Lui fit une demande,
non comme son camarade qui désirait seulement être libéré,
mais il Lui dit : « Souviens-toi de moi, Seigneur,
quand tu viendras dans Ton royaume ! » (Luc 23/42).
Combien différentes
sont les prières des deux brigands ! Quelle en est la raison ?
Le premier ne se connaissait pas lui-même et ne connaissait pas
davantage le Seigneur-Jésus ; le second se connaissait lui-même,
confessait ses péchés, mais reconnaissait aussi le Seigneur-Jésus.
Le Seigneur ne répondit point à la demande du premier,
mais Il ne laissa pas la prière du second sans réponse
et dit : « En vérité je te dis :
aujourdhui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc
23/43).
Sommes-nous
semblables au deuxième brigand ? Apprécions-nous
à sa juste valeur que notre homme intérieur vive avec
Christ quand bien même lhomme extérieur meurt ?
Sinon, nous nous causons beaucoup de dommages, et en occasionnons aux
autres.
Sur la croix
centrale,
Le Seigneur ne parle plus beaucoup. Il ny a pas ici de sermon
sur la montagne. Le temps de lenseignement est passé. Il
ne guérit plus personne maintenant. Il accomplit Sa dernière
mission, comme Il la dit à lavance : « voici,
nous montons à Jérusalem
on se moquera de Lui
ils le mettront à mort. » (Luc 18/31,33).
Après
avoir lutté trois fois par la prière au jardin de Gethsémané,
Il sut quil ny avait pas de place pour un changement de
programme qui Lui permettrait de descendre de la croix. Il ne Lui restait
quune chose à accomplir, ouvrir la porte de Son royaume
à celui qui le Lui demanderait.
La foule qui
le pressait ne Lui demande pas une telle chose. Parmi la foule des juifs
de Jérusalem, qui lavaient pourtant entendu si souvent,
il ne sen trouva aucun qui lavait reconnu comme étant
le Roi qui possédait un royaume dans lequel on pouvait entrer,
dont on pouvait demander lentrée.
Le brigand qui
avait marché dans le chemin du péché le reconnut.
Combien plus les autres auraient-ils pu le reconnaître !
Nous comprenons alors les paroles du Seigneur : « je
ne suis pas venu pour appeler des justes » (du moins ceux
qui se croient tels), mais Il vint pour faire miséricorde aux
descendants dAdam et de Caïn, et pour les ramener au lieu
dont ils avaient été chassés. Il est venu pour
ramener les exclus dans Son royaume. Et cest ce quIl fait
jusquà aujourdhui.
Celui qui reconnaît
son état de péché ne jette plus la pierre à
autrui. L'apôtre Paul se connut lui-même après que
la lumière du Seigneur a pénétré sa vie,
et il dit : « je suis le premier des pécheurs »
(1 Timothée 1/15)
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Comment nous considérons-nous nous-mêmes ? Non pas
celui qui est assis à côté de nous, non pas notre
voisin, mais nous-même. Plus ou moins, nous sommes tous malades.
Aucun corps nest parfait, aucune âme non plus, ni aucune
vie. Celui que la lumière du Seigneur-Jésus éclaire
reconnaît ses défaillances et peut Lui demander quIl
se souvienne de lui. Le Seigneur répond toujours à des
prières telles que celle du second brigand, et Il donne toujours
davantage que ce que nous avons demandé.
Extrait dune
prédication de la Parole du Dr Ferenc Kiss,
Professeur en
médecine.
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